Présentation

Le jeudi 19 juin 2025 à 14h30 au siège de de la CGT à Montreuil, l’IHS CGT accueillera le projet international DéPOT intitulé « La désindustrialisation et la politique de notre temps » pour sa conférence annuelle. L’après-midi sera consacrée au thème « Désindustrialisation/réindustrialisation, quels enjeux aujourd’hui pour le syndicalisme ? » avec la participation de nombreux chercheurs et de syndicalistes.

Présentation

Face à la Chine et aux Etats-Unis, réindustrialiser la France semble s’imposer désormais comme un impératif stratégique. A en croire Emmanuel Macron, la réindustrialisation serait « en marche ». Pourtant, à y regarder de plus près, ce qui a provoqué la désindustrialisation depuis les années 1970 apparaît toujours en place. Ce phénomène, qui a sinistré des régions entières, affaibli l’indépendance de la France et fragilisé notre démocratie en favorisant notamment l’essor de l’extrême droite, est toujours à l’œuvre. Aucun doute du côté de la CGT : « Il n’y a pas de réindustrialisation ». La centrale syndicale va même plus loin en annonçant  qu’un « tsunami de désindustrialsation » est à venir. Désindustrialisation, réindustrialisation aujourd’hui en France et en Europe : quelles analyses et quelles réponses syndicales ?

Contre la casse industrielle et les ravages qu’elle provoque : quelle action syndicale ? par Virginie Neumayer, dirigeante confédérale co-pilote de la commission environnement et transformation de l’appareil production

La lutte des ouvriers et ouvrières contre la fermeture de la Société aveyronnaise de métallurgie (« SAM »), sous-traitant de Renault (2021), par David Gistau, délégué CGT à la SAM

Face à la désindustrialisation, penser un autre modèle productif, par Pascal Guihéneuf, CFDT, co-auteur de l’avis du CESE intitulé « Nos modèles productifs face aux enjeux de transformation : quels défis pour l’avenir » (mars 2025)

Le combat syndical pour une « reprise en main » de la centrale de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône (2018-2025), par Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la centrale de Gardanne

Face à l’incapacité de l’UE à freiner son déclin industriel, qui engendre amertume et montée de l’extrême droite populiste, quelle action syndicale au niveau européen ? par Ludovic Voet, secrétaire confédéral de la Confédération européenne des syndicats (CES)

Après 1336 jours d’occupation de l’usine, la création de la Société française coopérative ouvrière provençale de Thés et infusions (SCOP-TI), par Géarard Cazorla, secrétaire du comité d’entreprise de Fralib

 

Programme

Pour consulter le programme, cliquez ici.

La désindustrialisation qui a frappé dès les années 1950 les pays d’Amérique du Nord et d’Europe du Nord-Ouest a touché inégalement des mains-d’œuvre très diverses, victimes des licenciements massifs et des délocalisations, sur fond de mondialisation et de libéralisation des échanges : des hommes et des femmes, des ouvriers nationaux et des immigrés, des personnes racisées, parfois remplacés par d’autres mains-d’œuvre moins rémunérées et moins protégées. Ce mouvement puissant s’impose à la fin des années 1970 et au début des années 1980, alors que le mouvement syndical est à son apogée, que des partis sociaux-démocrates peuvent exercer le pouvoir, notamment en Europe de l’Ouest.

Dans ce contexte, la désindustrialisation déstabilise en profondeur le mouvement ouvrier et les partis de gauche. Ceux-ci se trouvent confrontés à un défi politique, stratégique et intellectuel immense, avec la disparition d’un modèle industriel qui fournissait toute une série de repères, la crise des politiques économiques et sociales contracycliques, et, last but not least, l’érosion de leur base électorale. De manière presque simultanée, les réactions chauvines ou xénophobes, traditionnelles dans les crises économiques et politiques, se sont multipliées favorisant la consolidation de mouvements d’extrême-droite qui dénoncent la présence immigrée, la concurrence étrangère déloyale, mais aussi des populations locales ou des régions entières jugées comme des poids dépendant de l’aide sociale.

Si un certain nombre de ces éléments font régulièrement l’objet de l’attention des médias et de l’opinion publique, force est de constater que les analyses proprement historiques, établissant les liens entre ces différents éléments, font encore défaut. Il en est de même pour les comparaisons entre les situations régionales et nationales.

L’enjeu du congrès est donc d’éclairer sur le plan historique ces différents contextes, et de réarticuler ces différents phénomènes contemporains, afin de comprendre, d’une part, comment les différentes formes de désindustrialisation remettent en jeu les questions de race, d’immigration et de nation, et, d’autre part, comment elles transforment les réponses politiques susceptibles d’être apportées à ces questions. Les études de cas précises sur une situation, un territoire, un groupe seront les bienvenues (en Europe et en Amérique du Nord au cours du second XXe siècle, mais aussi sur des terrains du Sud global). On encouragera en même temps les communications qui croisent les catégories, comparent les territoires ou font varier les échelles.

Plusieurs pistes, sans exclusive, pourront être suivies : Race, nation et main-d’œuvre immigrée; Entre impuissance et action, entre aveuglement et prise de conscience : quelles réponses de la part des mouvements ouvriers ?; Populisme, extrême-droite et désindustrialisation.

Informations pratiques

Siège de la CGT, salle Louis Viannet (CCN), 263 rue de Paris, 93100 Montreuil.

Pour s’inscrire : ihs@cgt.fr

 

 

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